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Quel que soit le risque, les Grecs refuseront tout retour en arrière

D’après certains médias, l’Allemagne a remporté la « victoire » sur les grecs. D’après d’autres, c’est les grecs…

Entretien avec Olivier Delorme

Écrivain et historien passionné par la Grèce, il est l’auteur de « La Grèce et les Balkans: du Ve siècle à nos jours ».

Les questions:

    • Des manifestations ont eu lieu partout en Europe le week-end dernier pour soutenir le peuple grec. Hors d’Europe aussi, d’ailleurs, jusqu’en Australie ! Comment vos amis grecs vivent-ils cela ?
    • Les sondages qui s’enchaînent montrent un soutien grandissant du peuple grec à son gouvernement. Près de 80% désormais, soit bien plus que la proportion de gens ayant voté pour Syriza. Vu de l’extérieur, c’est surprenant. Dans notre Europe en crise, on s’attendait plutôt à voir triompher les extrêmes-droites. Y’a-t-il quelque chose dans l’histoire de la Grèce qui laissait prévoir pareil succès pour un parti de gauche ?
    • D’une manière générale et toute tendance politique confondue, le taux de soutien au gouvernement grec est saisissant. Tsipras a réalisé une véritable union nationale autour de son projet…
    • Comment Syriza, un parti présenté comme représentant une gauche souvent qualifiée de radicale a-t-il pu s’imposer ainsi dans le paysage ?
    • Au premier rang des propos racistes que vous évoquez, on entend beaucoup, y compris chez ceux qui se présentent comme d’ardents défenseurs de l’Europe, nombre de considérations sur les Grecs qui ne paieraient pas d’impôts, la fraude, la corruption. Qu’en pensez-vous ?
    • Quels sont les espoirs des Grecs aujourd’hui ? Désirent-ils avant tout un compromis avec l’Union européenne ? Craignent-ils une rupture ?
    • Quid du gouvernement Tsipras lui-même ? Il ne se distingue pas, loin s’en faut, par des prises de positions eurosceptiques. On le qualifie abusivement de « radical » mais il a toujours affirmé vouloir servir sa dette, vouloir demeurer dans l’union monétaire et tient un discours plutôt modéré. Pourrait-il durcir ses positions et dans quelles conditions ?
    • Pour en revenir à la position de Syriza sur l’euro ?
    • L’idée que la Grèce pourrait, en cas de compromis introuvable avec l’UE, se tourner vers la Russie ou même vers la Chine. Au regard de l’histoire grecque, cela vous semble-t-il envisageable ?

Ce qui est amusant, c’est que la Grèce, membre d’une Union européenne supposée rapprocher ses États-membres et garantir la solidarité entre les peuples, est abandonnée par tous ses partenaires, la France faisant d’ailleurs preuve dans cette affaire d’une lâcheté toute particulière. En revanche, Athènes a certes reçu des témoignages d’amitié de Poutine mais également… d’Obama !

En guise de cerise: une fin de l’euro voulue par l’Allemagne mais mis sur le compte de la Grèce… Idée intéressante.

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