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Biopiraterie en France

Comment des entreprises privées menacent de s’approprier des semences et des plantes…

La biopiraterie: Cela consiste à s’approprier par brevet une molécule, un extrait naturel ou toute autre ressource génétique issue d’une plante ou d’un animal, sans rémunérer les découvreurs alors que les effets thérapeutiques ou gustatifs ont été révélés par des pratiques et connaissances traditionnelles.
C’est le pillage, par les firmes pharmaceutiques, cosmétiques et agroalimentaires, des plantes ou semences des pays riches en biodiversité. C’est aussi le vol des connaissances sur ces plantes : les entreprises peuvent s’approprier, en les brevetant, des techniques copiées sur les savoirs d’un shaman amazonien, d’un paysan indien ou d’un guérisseur sud-africain. Néo-colonisation ? Marchandisation du vivant ? Dérive libérale ?

Aider les chercheurs à cataloguer des semences, et se retrouver ensuite privé du droit de les planter : c’est la menace qui pèse sur les paysans français. Des entreprises privées nouent des partenariats avec des instituts de recherche publique pour collecter des graines dans les champs des éleveurs et des cultivateurs.

Puis déposent des brevets, qui privatisent l’utilisation future de ces plantes et de leurs vertus, grâce à des failles réglementaires qui permettent aux multinationales de s’accaparer la biodiversité. « Aujourd’hui, un paysan qui partage ses ressources génétiques avec la recherche n’est plus protégé », dénonce la Confédération paysanne.

C’est ce qui est arrivé à l’entreprise française Gautier Semences. Elle sélectionne depuis longtemps des lignées de laitues contenant un caractère de résistance à un puceron. Mais une entreprise hollandaise, Rijk Zwaan, a mis au point une méthode pour obtenir ce caractère et a déposé un brevet. Résultat ? Depuis 2004, la société contraint les sélectionneurs de semences potagères, comme Gautier Semences, à acquitter des redevances pour poursuivre la vente de leurs salades…

« En Europe, les demandes de brevets sur des caractères déjà présents naturellement dans les plantes se multiplient », fait valoir Guy Kastler. Les multinationales sont dans la course : Monsanto a cherché à déposer un brevet sur un gène de résistance des tomates, Syngenta sur un caractère de résistance des poivrons à la mouche blanche, Limagrain sur une pastèque… « Les brevets sur les traits natifs sont la phase ultime de cette biopiraterie, prévient Guy Kastler. Les paysans qui ont donné aux collections publiques leurs semences et les connaissances qu’ils détiennent pensaient les offrir à tous. Ils se verront interdire de les utiliser dès qu’un semencier les aura récupérées pour breveter les séquences génétiques associées à ces qualités particulières. »

L’article complet sur Bastamag.

Petit guide en pdf pour comprendre, résister et agir: Guide d’information et de mobilisation face à l’appropriation illégitime du vivant et des savoirs traditionnels.

Un docu pour finir: la guerre des graines.

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